EDITORIAL
« Un film doit être comme un caillou dans une chaussure. »
[ Lars von Trier ]
Depuis sa création, le Mad Ciné Club s'est fait sienne cette citation
en défendant un cinéma "autre", loin des sentiers battus ou des modes éphémères. Il s'agit aussi bien de montrer des films rares et peu
diffusés, d'explorer des genres habituellement méprisés ou rejetés par la critique officielle (du western spaghetti au giallo en passant par
le film de sabre japonais ou le cinema bis) que d'offrir une tribune à
des cinéastes encore peu connus ou oubliés.
Ou quand Jess Franco, pape du cinéma bis des années 70, croise la
route du cérébral Kiyoshi Kurosawa. Ou quand Richard Stanley, réalisateur de Hardware tombé en disgrâce hollywoodienne, rencontre Fabrice du Welz et son inquiétant Calvaire. Ou quand le prolifique Sergio Martino et Michele Soavi, réalisateur du sublime Dellamorte, Dellamore, nous font revivre les plus belles heures du giallo…
À l'heure où le cinéma ne paraît plus capable de créer autre chose que des suites sans saveur et totalement inoffensives, le Mad Ciné Club vous invite ainsi à découvrir des auteurs singuliers et atypiques qu'on ne peut enfermer dans aucune catégorie précise.
C'est à ces francs tireurs qui s'insurgent contre le conformisme et
l'uniformisation des goûts que nous entendons donner la parole.
Excessifs, sulfureux, extravagants, poétiques, violents, ambigus,
féeriques, subversifs ou déjantés, leurs films se doivent d'être
soutenus car ils témoignent d'une liberté de ton et d'une inventivité
que l'on retrouve de moins en moins dans le cinéma aujourd'hui.
Hors normes, inconnus ou infréquentables aujourd'hui, ils seront sans
nul doute les incontournables de demain à l'image de Quentin
Tarantino, Kiyoshi Kurosawa, Nacho Cerdà, Jaume Balaguero, Park
Chan-wook...
Ainsi, les diverses manifestations du Mad Ciné Club s'adressent autant
aux cinéphiles fétichistes qu'aux simples curieux, lassés de voir
encore et toujours les mêmes films.
Bienvenue dans l'antre de la folie !
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